LUDOVIC   B.A

Cimetière de Splendeur – Poème entre les mondes

By 15 octobre 2016 Vidéos

Je suis souvent inspiré par le cinéma, par sa capacité à nous faire entrevoir les différentes dimensions de nos existences , par sa puissance d’évocation poétique . 

Dans le film du cinéaste Thaïlandais Apitchapong Weerasethaku, ” Cemetary of Splendour “, on glisse de la surface apparemment banale des choses à une profondeur éveillée sans même sans rendre compte et l’on se retrouve dans une sorte de brèche entre les mondes.  On ne distingue plus les contours et l’on sort du cinéma habité.  Quelle miracle qu’un cinéma qui vous transforme !

Ce film raconte l’histoire de soldats qui sont démobilisés dans un hôpital de campagne et qui ont sombré dans un sommeil dont ils ne se réveillent pas, captés par les esprits du lieu.  Dans cet entre-monde chacun est pris dans les filets aux multiples dimensions de sa propre histoire, dans sa relation d’ouverture ou de fermeture aux autres, au monde et à lui même, chacun fait l’expérience de ce qu’il croit être.  

   Un homme dans cet hôpital va se réveiller.  Enfin se réveille t’il ?  Oui et non disons.  Son esprit incarne le corps d’une médium qui le lui permet afin qu’il puisse cheminer et s’ouvrir à l’amour vrai avec une femme qui s’occupe de lui dans l’unité de soin.  On ne sait plus qui est qui, chacun étant une part des autres.  

Dans ce film on croise aussi de belles déesses desquelles émane des auras de pureté, elles sortent du bois et viennent échanger simplement, et l’on se balade au milieu de ruines et de statuts qui prennent vie dans notre regard.

J’ai écris “ Cimetière de Splendeur “ après avoir vu ce film.  Je pensais lui trouver une musique plutôt calme et magnétique, à l’instar du film, mais en improvisant avec le texte c’est la musique qui a décidé elle même… j’ai été saisis par la facilité avec laquelle ce texte s’est glissé dans une suite d’accords qui lui convient à merveille.  Voici une version en live au Cabaret des Oiseaux .

    

 Une lumière diaphane éclaire le terrain où les hommes égarés traversent des histoires / Ils ne savent s’ils dorment ou s’ils sont éveillés et des massages calmes viennent les apaiser 

 Ce sont les mains des femmes qui pétrissent leurs corps, connaissent la chaleur et les douleurs anciennes / C’est l’abri du grand arbre qui éclaire leurs rêves en filtrant la lumière de ces terres où ils perdent la mémoire

 Les femmes ne savent pas les mirages ni l’oubli, ni le poids du sommeil où les hommes sont partis / Elles soufflent au secret de leurs corps endormis pour ranimer la flamme au creux de leurs yeux vides 

  Mais les hommes égarés dans des histoires se perdent, remuent de vieilles pierres enterrés qu’ils réveillent / Alors ils vont au fond attirés par l’éclat des formes qui scintillent et leurs donne un peu une raison de vivre

  Sous un ciel effacé, où il n’y a d’horizon, là ils oublient leurs noms et les mains de l’amour / Ils servent leur pays en vivant sous la terre, d’où ils appellent d’autres à partir en enfer

 Mais ils arrive qu’un homme ouvre un œil se souvienne, même dans son sommeil allongé sous la terre / Que la vie est une femme et que ce gout amer qui lui vient dans la bouche est le gout de la sève, de la vie